
Fiscalité personnelle du dirigeant
Le barème de l'impôt sur le revenu revalorisé
Le barème de l'IR est revalorisé de 0,9 % pour tenir compte de l'inflation. Les tranches sont ajustées à la hausse, ce qui limite mécaniquement l'alourdissement de l'impôt lié à la simple progression des revenus.
La flat tax portée à 31,4 %
C'est l'un des changements les plus structurants pour un dirigeant. Sous l'effet de la hausse des prélèvements sociaux (portés à 18,6 %), le prélèvement forfaitaire unique (PFU) passe à 31,4 % — contre 30 % auparavant. Il s'applique aux dividendes, aux intérêts et aux plus-values.
Cette hausse resserre l'écart entre dividendes et salaire, et rend l'arbitrage de rémunération encore plus dépendant de la situation.
→ À approfondir : salaire ou dividendes : comment se rémunérer
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) prorogée
Instaurée en 2025 pour garantir un taux d'imposition minimal de 20 % aux plus hauts revenus, la CDHR est prorogée par la loi de finances 2026. Elle concerne les contribuables dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple). Un paramètre à intégrer dans le calcul de rémunération des dirigeants concernés.
Rémunération et épargne
Le PER évolue
Trois changements concernent le plan d'épargne retraite en 2026 : la fin de la déductibilité des versements après 70 ans, l'extension du report des plafonds non utilisés de 3 à 5 ans, et la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 %.
→ À approfondir : PER ou Madelin pour un TNS
L'épargne salariale, toujours un levier privilégié
L'épargne salariale reste l'un des dispositifs les moins fiscalisés pour un dirigeant : forfait social à 0 % sous 50 salariés, primes exonérées d'impôt sur le revenu si placées. Depuis 2025, les PME de 11 à 49 salariés suffisamment rentables doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur.
→ À approfondir : épargne salariale du dirigeant
Transmission et cession
L'apport-cession durci
Le mécanisme de report d'imposition via apport à une holding (article 150-0 B ter du CGI) est durci pour les cessions postérieures au 21 février 2026 : la part du produit de cession à réinvestir dans une activité éligible a été relevée, réduisant d'autant la fraction disponible librement. Le délai de réinvestissement reste fixé à 3 ans.
→ À approfondir : que faire du capital après la cession de son entreprise
Le Pacte Dutreil recentré
Le Pacte Dutreil, qui permet une exonération de 75 % des droits de mutation lors d'une transmission d'entreprise, est maintenu mais recentré :
Certains actifs non professionnels (immobilier somptuaire, objets d'art, véhicules de tourisme, bijoux) sont désormais exclus de l'assiette exonérée.
La durée d'engagement individuel de conservation des titres passe de 4 à 6 ans.
Pour un dirigeant préparant sa transmission, ces changements sont à intégrer dès maintenant dans les scénarios de succession.
Fiscalité des sociétés et des holdings
Une nouvelle taxe sur certaines holdings patrimoniales
C'est une nouveauté à connaître pour les dirigeants détenant une holding. Codifiée à l'article 235 ter C du CGI, cette taxe s'appliquera pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2026.
Son périmètre a toutefois été fortement réduit par rapport au projet initial : elle vise, au taux de 20 %, la seule valeur de certains actifs « somptuaires » (biens de luxe, œuvres d'art, etc.) lorsqu'ils ne sont pas affectés à une activité opérationnelle. Une holding animatrice ou détenant des actifs professionnels n'est en principe pas concernée sur ces actifs-là.
→ À approfondir : comment placer la trésorerie de la holding
L'IS et la CVAE maintenus
Les taux de l'impôt sur les sociétés sont inchangés : 25 % au taux normal, 15 % au taux réduit sur la fraction de bénéfice jusqu'à 42 500 € pour les PME éligibles. La CVAE est maintenue en 2026, sa suppression totale étant reportée.
→ À approfondir : simulateur d'impôt sur les sociétés
Immobilier : le nouveau statut de bailleur privé
La loi de finances 2026 crée un statut de bailleur privé permettant d'amortir une fraction du prix d'un logement loué nu à usage de résidence principale, sous conditions (engagement de location de 9 ans, plafonds de loyer). L'amortissement peut atteindre plusieurs pour cent par an, et le déficit s'impute sur le revenu global dans les conditions de droit commun. Un dispositif à étudier pour les dirigeants investissant dans l'immobilier locatif.
Ce qu'il faut retenir
La loi de finances 2026 n'est pas une révolution, mais une série d'ajustements qui, ensemble, appellent à revoir certains arbitrages :
La hausse du PFU à 31,4 % rééquilibre l'arbitrage salaire / dividendes.
L'apport-cession durci impose d'anticiper davantage une cession.
Le Pacte Dutreil recentré allonge les engagements de transmission.
La nouvelle taxe holding cible des actifs somptuaires précis, sans toucher l'activité opérationnelle.
Le point commun de toutes ces mesures : elles récompensent l'anticipation. Un arbitrage préparé en amont — rémunération, placement, transmission — coûte toujours moins cher qu'une décision prise dans l'urgence fiscale.
Information à titre indicatif, à jour des dispositions de la loi de finances 2026. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé : chaque situation appelle une analyse dédiée, en lien avec votre expert-comptable et votre conseil.
Questions fréquentes
Quel est le taux de la flat tax en 2026 ? Le prélèvement forfaitaire unique (flat tax) passe à 31,4 % en 2026, sous l'effet de la hausse des prélèvements sociaux portés à 18,6 %. Il s'applique aux dividendes, intérêts et plus-values, contre 30 % auparavant.
Qu'est-ce qui change pour l'apport-cession en 2026 ? Pour les cessions postérieures au 21 février 2026, la part du produit de cession à réinvestir dans une activité éligible (dans le cadre du report d'imposition de l'article 150-0 B ter) a été relevée, réduisant la fraction librement disponible. Le délai de réinvestissement reste de 3 ans.
Comment évolue le Pacte Dutreil en 2026 ? L'exonération de 75 % des droits de mutation est maintenue mais recentrée : certains actifs non professionnels (immobilier somptuaire, objets d'art, véhicules, bijoux) sont exclus de l'assiette exonérée, et la durée d'engagement individuel de conservation des titres passe de 4 à 6 ans.
Qu'est-ce que la nouvelle taxe sur les holdings en 2026 ? Codifiée à l'article 235 ter C du CGI, elle s'applique aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026, au taux de 20 %, sur la seule valeur de certains actifs somptuaires (luxe, art) non affectés à une activité opérationnelle. Son périmètre est étroit et ne vise pas les actifs professionnels.
Les taux de l'impôt sur les sociétés changent-ils en 2026 ? Non. L'IS reste à 25 % au taux normal et 15 % au taux réduit sur la fraction de bénéfice jusqu'à 42 500 € pour les PME éligibles. La CVAE est également maintenue en 2026.
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rédigé par Louis CELLIER




